vendredi 23 juin 2017

Création, collage, souvenirs et plaisir



Résultat d'une demi-journée à me faire plaisir. Le collage fait avec des pages de la Une du cahier des arts de feu Progrès-Dimanche, au temps où j'y travaillais avec ma consœur Denise Pelletier.

Mes graphistes, Andrée Fortin et Bernard Gagné, mettaient toute leur créativité au service de la section des arts. Ce sont des bijoux que j'ai conservés, avec l'intention d'en faire des collages.

Celui-ci sera mon premier.

Le but, agrémenter l'arrière de mon meuble d'ordinateur qui ne payait pas de mine avec son aggloméré brun.





mercredi 21 juin 2017

Une photo/Deux cents mots présenté au Musée amérindien de Mashteuiatsh



Christiane Laforge, écrivaine, membre de l'APES 
Carol Tremblay, photographe, membre du Club photo de Chicoutimi
jumelés pour le projet Une photo/Deux cents mots
© Photo Dolorès Lavoie


Le projet : Une photo/Deux cents mots

Au printemps 2016, 20 écrivains, membres de l’APES, ont reçu une invitation à relever un défi : écrire 200 mots, ni plus ni moins, inspirés d'une photographie. L’auteur était jumelé à un photographe sans en connaître le nom ni le contexte de sa photo.

Le jumelage a été fait par un tirage au sort. Chef d'orchestre de ces 20 duos, Céline Dion nous écrivait alors :

On dit souvent qu’une photo vaut mille mots… j’espère que celle-ci saura vous en inspirer du moins jusqu’à 200, pas plus (199 peut-être, mais pas 201). Il s’agit pour vous d’écrire un texte littéraire, poétique — en vers ou en prose — un micro récit, une micro fiction, une nouvelle, un fragment, « une épisodie », etc.) inspiré de ladite photo.

C’est tout un défi, beaucoup plus difficile à relever qu’on ne pourrait le croire à première vue... 200 mots, c’est à la fois court et long. Chaque mot compte, chaque mot a un poids, chaque mot a sa place. On est à la fois dans la précision et le flou, à la fois dans le dit et le non-dit, à la fois dans la certitude et l’impression. C’est un concentré. Quoi qu’il en soit, le défi vaut assurément la peine d’être relevé, pour le seul plaisir de l’écriture, comme un véritable exercice de style.

© Photo Carol Tremblay

Regardez bien votre photo — c’est la vôtre, elle est à vous. Examinez ses détails, ses nuances, son atmosphère… laissez-la se déposer sur votre rétine, dans votre tête, laissez-la agir en vous, laissez-la vous travailler au même titre que le langage vous travaille. Laissez aller votre imagination vers l’imaginaire du photographe; parce que c’est ça que ça donnera sur le panneau d’exposition: la rencontre de deux imaginaires!!!

Sur le moment, j'étais perplexe. Ce paysage évocateur de paix, de tranquillité pouvait-elle convenir à mon humeur guerrière, en révolte au vu de tous les saccages autorisés sur les terres de notre terre? Pendant plusieurs semaine, chaque jour je méditais devant ces champs qui m'inspiraient le calme. Et soudain, j'ai vu les nuages la couvrant et les mots sont nés.
Imagine

Temps immobile, capturé, captif, à jamais figé en noir et blanc.
Silence sur papier glacé, unique témoin d’un drame à venir.
Ère révolue sous les traits paisibles de champs balisés par rangées de pins.

Imagine le bruissement du blé mûr que fait tanguer le vent.
Ou sinon, des épis dressés, telles épées dérisoires
Contre un monde sourd au futur, le regard aveugle.

Vois cette belle image.
Et là, imagine. Imagine encore…


Une forêt vierge.
Arbres touffus de résineux et de feuillus.
Bouleaux, pins, érables aux branches enlacées
Uniquement blessés sous l’estoc d’une faune sauvage
Ou décimés par les feux des orages.
Jusqu’à ce jour de coups répétitifs et craquements de chute.
Arbres sacrifiés, racines arrachées
Pour creuser les sillons de champs féconds,
Aux rythmes des rides incrustées sur les visages d’hommes et de femmes
Semant leur avenir, un hier lointain.
Leur survie. Ton héritage.

Beauté. Temps immobile. Capturé.
À jamais figé en noir et blanc sur papier glacé.
Bâtiments des fermes dominent les grands champs bordés d’arbres courbés
Où les épis ondoient sous les vents en vagues dorées.
Témoins d’un rêve réalisé.

Imagine demain.
Rampant sous terre, l’avidité des minières et pétrolières souillant les eaux et saccageant ta terre.

Christiane Laforge
31 août 2016


Expositions itinérantes

Le but de ce projet de création Une photo/Deux cents mots de l’Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES), en collaboration avec le Club photo de Chicoutimi, grâce au soutien du Conseil des arts de Saguenay consistait à faire à la fois œuvre littéraire et exposition. Réunir mots et photographies pour une exposition itinérante dont la première a eu lieu à la Bibliothèque de Chicoutimi, du 8 décembre 2016 au 22 janvier 2017. Par la suite à la Bibliothèque Georges-Henri-Lévesque de Roberval du 2 février au 25 mars; au Pavillon des croisières internationales à La Baie, au Musée Louis-Hémon de Péribonka et, depuis le 8 juin jusqu’au 3 septembre, à la salle Agora du Musée amérindien de Mashteuiatsh. 

Alors, si vous passez par là, allez lire ou relire les 4000 mots qui sont exposés et regarder au passage les 20 photos inspirées du texte La ronde de Marie-Andrée Gil » invite Céline Dion, membre associé et administratrice de l’Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES). 

Marie-Andrée Gill a gagné le Prix littéraire Damase-Potvin 2015 dans la catégorie professionnelle pour son texte La Ronde .



En janvier, tout ce travail était publié sous la forme d’un calendrier de 20 mois, allant jusqu’en août 2018. Chaque mois agrémenté de la photo et de son texte. 

Les participants
 
Les photographes — membres du Club photo de Chicoutimi :

Emmanuelle Arth, Rodrigue Audet, Joane Dallaire, Stéphane Desmeules, Yvon Guignard, Mariane Lacroix, Dolorès Lavoie, Émilie Racine, Constance St-Gelais, Carol Tremblay, Catherine Tremblay, Pierre Tremblay, Régis Tremblay.

Les auteurs — membres de l’Association professionnelle des écrivains de la Sagamie (APES) :

Anne-Marie Allard, Claude Bouchard, Dany Boudreault, Dany Côté, Claire Gagnon, Line Gaudreault, Martin Giguère, Rachel Gilbert, Marie-Andrée Gill, Keven Girard, Julien Gravelle, Cynthia Harvey, Carl-Keven Korb, Christiane Laforge, Alain Larose, Christine Martel, Laurance Ouellet Tremblay, Gérald Savard, Emmanuel Simard, Sophie Torris, Véronique Villeneuve

Idéation, coordination et gestion du projet — Céline Dion

Comité de lecture, dirigé par Jean-Pierre Vidal avec Marjolaine Bouchard et Sophie Gagnon-Bergeron

Conception graphique — Marie-Claude Asselin de Conception MC

 ***

Question 

Cette exposition ne mériterait-elle pas de se promener aussi hors de la région? Une tournée des bibliothèques et de lieux de culture? 


 

Festival Mots et Merveilles 22 avril 2010 : 3ième partie -Christiane Laforge





Des retrouvailles avec un moment de ma vie d'auteur que je redécouvre en furetant sur Youtube. L'Internet devient gardien ne nos souvenirs.

Une série orchestrée par l'APÈS : Les livres marquants - Christiane Laforge











Le défi était de choisir un livre qui nous a marqué comme auteur et comme auteur. Plusieurs livres ont eu une influence sur moi. Mais, ayant commencé très jeune à lire des romans d'adultes, troquant la Comtesse de Ségur pour Victor Hugo, j'ai sentis que beaucoup de mes choix et de mes convictions ont pris racines à la lecture de ce roman intemporel.

https://www.youtube.com/watch?v=zNQ2sNcXE_8

 

dimanche 30 avril 2017

UNE LETTRE MAGNIFIQUE D'ISABELLE LAROUCHE À SON PÈRE ALBERT LAROUCHE

Isabelle Larouche écrivaine

Isabelle m'a accordé la permission de publier cette lettre émouvante sur mon blogue. Samedi 29 avril avait lieu à Chicoutimi les funérailles d'Albert Larouche dont je parlais dans mon billet précédant. Une cérémonie où il fut beaucoup question d'amour et d'amitié.

Adresse pour papa (Albert Larouche) 29 avril 2017

Mon beau petit papa d’amour,
Comme il est difficile de trouver les mots pour exprimer un aussi gros chagrin…
Je voulais tellement être auprès de toi, au moment de ton départ. Pour une dernière fois, te tenir dans mes bras, te bercer, te réconforter et te dire combien je t’aime. Mais maman, Bernard, Hélène et les autres l’ont fait pour moi. Je savais que ta santé déclinait depuis quelques jours, même si au téléphone, on essayait de mettre un voile pour éviter de m’inquiéter. J’étais si loin… Et le temps me devançait…
Au moment où tes forces s’amenuisaient, je chevauchais cet oiseau de feu au-dessus des majestueuses Rocheuses avec leur tête perçant les nuages. J’admirais leur versant illuminé par cette journée qui venait à peine de naître. J’ignorais que cette journée allait être ta dernière… Si j’avais pu, j’aurais demandé au pilote pour qu’il aille plus vite. Mais c’était une chose impossible, tu le sais bien.
J’ai vu défiler les prairies et leurs longues routes linéaires sans savoir que tu t’apprêtais à emprunter un chemin qui n’est tracé sur aucune carte. J’ai reconnu le lac Supérieur encore prisonnier de son vaste écrin de glace alors que toi, tu te libérais peu à peu pour rejoindre l’infini. Quand j’ai enfin survolé le Québec avec ses centaines de lacs comme autant de yeux ouverts sur un printemps timide, j’étais loin de me douter que tu étais sur le point de refermer les tiens pour toujours, mon papa chéri.
Pour ce grand voyage, comme tu disais parfois, tu n’as pas eu besoin de valise ni de passeport. Mais tu étais prêt à franchir les frontières de ce grand mystère où nous nous retrouverons tous un jour. Et tu l’as fait avec dignité, tout en douceur et en élégance; fidèle à ce que tu as toujours été, mon beau papa adoré.
Mais avant d’embarquer pour cette grande traversée, nous marcherons sur tes pas, nous emprunterons les sentiers que tu as défrichés et les traces que tu as laissées. Nous poursuivrons tes lectures, irons à la rencontre des grands de ce monde, découvrirons des endroits inédits et meublerons nos esprits dans de véritables palais de connaissance, comme tu l’as fait toute ta vie.
Aussi bien que toi, nous serons tendres et amoureux, les bras chargés de roses et l’âme romantique. N’as-tu pas inspiré la plus belle et la plus longue histoire d’amour avec maman, ta petite reine tant aimée ?
Par ton exemple, nous serons les meilleurs parents au monde, justes et droits, généreux et complices. Nous consolerons ceux qu’on aime quand ils auront du chagrin. Je sais que tu nous souffleras la bonne parole, le geste à faire, le meilleur conseil et le brin de sagesse dans chaque épreuve à venir. Et grâce au courage et à la ténacité que tu nous as transmis, nous les surmonterons.

Tout comme toi, nous reconnaîtrons la beauté pour la contempler au quotidien, pour s’en imprégner, s’en inspirer, et la propager à notre tour. Nous continuerons de rire de bon cœur et de s’émerveiller pour des petits riens. Nous cueillerons des graines de passion pour les semer dans notre jardin. À ta manière, nous apprivoiserons le bonheur pour en faire notre ami, en toute simplicité et authenticité. Nous chercherons la lumière et la vérité dans un monde qui en manque parfois, si cruellement.
Les jours de soleil, de neige ou de pluie, nous ouvrirons les fenêtres pour laisser entrer la musique. Nous apprendrons de nouveaux pas de danse, peut-être même des chants ou des poèmes lyriques ! Nous laisserons le vent nous décoiffer et nous humerons les parfums du large rien que pour toi. Nous apprécierons chaque instant, pour que tu les perçoives, dans l’éternité. De temps en temps, nous lèverons notre verre à la vie, entre amis et en famille parce qu’autant que toi, nous serons de bons vivants.
Et oui, ce jour viendra où nous allongerons à notre tour nos ailes pour viser le ciel, où tu nous attends déjà, mon beau papa rempli de merveilles.
Va ! Envole-toi ! Va poursuivre tes aventures dans l’au-delà ! Je sais que tu n’es pas seul mais enfin réuni avec ceux qui sont partis un peu avant. Tu as été un mari exceptionnel, un papa sans pareil, un inoubliable grand-père et un arrière-grand-père aux branches étendues et fortes comme le chêne que tu as planté au bout du terrain, au chalet. Avec le miracle de la vie, tu continueras de semer aux quatre vents de nombreuses petites pousses qui, avec beaucoup de chance, hériteront de tes fossettes, de tes yeux lumineux, de tes cheveux soyeux, de ta voix d’ange, de ta vivacité d’esprit, de ta grande sensibilité et même de tes bras ou tes sourcils hyper poilus !
Tu as mené une vie exceptionnelle et bien remplie. Tu as aussi tout donné. Il est maintenant venu le temps de te reposer, mon beau petit papa d’amour.
En ce jour, et pour le reste de ma vie, je te souffle ce doux baiser… La distance et le temps n’existent plus pour toi. Je sais que là où tu es maintenant, où que je sois, tu le recevras, car tu n’es plus où tu étais, mais partout où nous sommes.

Xxx Isabelle




Albert Larouche, papa d'Isabelle




N'ajoutons rien. C'est trop beau. 

dimanche 23 avril 2017

ALBERT LAROUCHE : CERTAINS ADIEUX N'EN SONT PAS

Albert Larouche 1925-2017



Vendredi 21 avril, Hélène Larouche que j'ai surnommée affectueusement Hélène Junior- en référence à sa mère artiste Hélène Beck - m'écrit quelques mots, lourds de sens, sur le départ imminent de son père Albert Larouche le bien aimé. C'est comme si tout devenait immobile autour de nous. Une vie se termine et, avec elle, malgré nous, une partie de la nôtre s'en va avec elle.

Ce qu'Hélène communique, c'est à la fois sa peine, sa sensibilité, sa force et sa conviction qu'Albert avait pour moi de l'importance. Assez pour que je fasse partie de la confidence et du partage de ce moment de vie... oui, je dis bien moment de vie. 

Dans ma tête, un tourbillon : le sentiment ressenti face à la peine de l'amie, des amis, le rappel des derniers moments de mon propre père, le deuil soudain qui va affecter tous ses amis si proches et dont certains sont les miens. Je pense à Jérémie Giles en particulier. Je pense aussi à sa fille Isabelle  l'écrivaine talentueuse et à son fils Bernard. Je pense à Hélène Beck, ce nom qui a superbement supplanté son patronime de naissance, Claire Boily, dont je n'ai eu connaissance qu'aujourd'hui fouinneuse que je suis sur Internet.

Déjà Membre des 21, le 19 juin 2010, Albert Larouche était reçu Membre de l'Ordre du Bleuet. J'écrivais alors ce texte que je me permets de reprendre, bien qu'il figure en évidence sur le site Web créé pour lui:

De sa naissance à Kénogami en 1925, de ses classes primaires à Jonquière, de ses études secondaires à Arvida et classiques à Chicoutimi, Albert Larouche est le parfait prototype de la fusion avant l’heure. À la géographie de sa jeunesse, il ajoute son mariage avec une audacieuse artiste peintre, Hélène Beck, des enfants très portés sur les arts et l’écriture, le tout additionné de sa propre curiosité archéologique et de l’influence incontestable des ses fréquentations professionnelles.



Comme réalisateur à Radio-Canada, Albert fréquente des célébrités : Maurice Chevalier, Tino Rossi, Luis Mariano, Jacques Brel, Gilles Vigneault, Claude Léveillé, Jean-Pierre Ferland, Ginette Reno, Claude Dubois, Jacques Michel, Robert Charlebois. Il devient le témoin privilégié de mémorables inaugurations : telles que le camp musical du Lac Saint-Jean et l’Université du Québec à Chicoutimi. Lors de l’Expo 67 à Montréal, il est requis pour la réalisation de grands reportages, dont la visite de la reine Élisabeth II, celle du Général de Gaulle, ainsi que le Festival d’Art dramatique réunissant à Saint-Jean de Terre-Neuve des comédiens de chaque province canadienne. La même année, à son retour à CBJ, il ouvre les ondes à la radio-théâtre mettant en scène des jeunes comédiens de la région interprétant nos auteurs. Louise Portal, Michel Dumont, Ghislain Tremblay en gardent souvenir tout comme nos musiciens se souviennent de la populaire série «Banc d’essai» où les finissants des Conservatoires de musique du Québec pouvaient être entendus sur les ondes canadiennes ; sans oublier Les grands concerts de Radio Canada qui captaient les concerts donnés dans notre région.



La personnalité d’Albert Larouche est tissée de tous ces fils reliés à l’histoire, la littérature, la musique, le théâtre, développant un véritable attachement à la mémoire. Incontestablement sa devise est «Je me souviens», tout comme se souvenaient les Anciens du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui ont alimenté pendant des années le contenu de sa série d’émission «Au Temps de la galette», un des trésors des Archives nationales.



Membre fondateur et président de la Société d’archéologie du Saguenay, président du Comité d’acquisition du Musée du Saguenay, il a terminé sa carrière en 1983, le temps de recevoir, en 1982, le Prix du Journalisme Auguste-Béchard (fondateur du premier journal de la région), prix décerné par la Société nationale des Québécois en reconnaissance de ses travaux et de la diffusion du patrimoine saguenéen. 


Nommé à juste titre membre honoraire de la Société historique du Saguenay, Albert Larouche met à profit ses longues vacances pour travailler comme bénévole pour cet organisme où il se consacre à l’identification et au classement des photographies accumulées pêle-mêle dans des cartons. En 20 ans, il en a classé plus de 60 000.



Albert a mené sa carrière de réalisateur avec bonheur. Il a su mettre la radio au service de la mémoire et de la culture. Aujourd’hui, adepte enthousiaste de l’ordinateur, il décrète que cet outil merveilleux est «un petit écran par lequel l’univers est entré dans sa maison». Homme modeste, il ne se rend pas compte que ce grand passionné, archiviste dans l’âme, qu’il est, contribue à sauvegarder l’histoire de notre population.



Albert Larouche et sa compagne de vie Hélène Beck, reçus tous deux Membre de l'Ordre du Bleuet le 19 juin 2010.

Je pourrais regretter de n'avoir pas assez souvent profité de sa présence. Je préfère garder précieusement chaque souvenir et me dire que ce fut un privilège que de partager avec Albert Larouche des heures de vie vibrantes comme ce repas festif à mon Refuge roserain où la joie, la poésie et les chansons étaient au rendez-vous. 

« Il y a des moments si merveilleux, qu'on voudrait que le temps s'arrête... » (Gilbert Bécaud)


Quelques saveurs belges pour le dessert comme cette crème vanille qui en a fait saliver plus d'un. Sur la photo on reconnaît Christine Bouchard, artiste peintre, Claude Bolduc et sa compagne Hélène junior, Albert Larouche et Hélène Beck. 


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En quise d'information : La famille accueillera les parents et amis à la Résidence funéraire
Gravel & Fils, Réseau Dignité au 825 Bégin, coin des Champs-Elysées à Chicoutimi.
Les heures d'accueil sont : le vendredi 28 avril 2017 de 14 h à 17 h et de 19 h à 22 h. Samedi, le salon sera ouvert à compter de 9 h. La célébration de la Parole aura lieu le samedi 29 avril 2017 à 10 h 30 à la chapelle Gravel & Fils.

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vendredi 17 mars 2017

L'OPÉRA CARMEN, HÉLÈNE GAUDREAULT ET LE DÉFI ARTISTIQUE FONT LA UNE DE L'AMI


l'AMI Disponible ICI en PDF

L'AMI donne beaucoup de place aux arts

Depuis sa création, le journal L’AMI a souvent parlé d’artistes. Élika vit dans une maison où il y a beaucoup de livres, de films et de toiles sur les murs. Dans sa jeune vie, elle a assisté à de nombreux spectacles : théâtre, opérettes, opéras, chansons populaires, danse. Immanquablement cela se reflète dans les sujets qu’elle aborde.

Mon plaisir est de la laisser aller à son rythme. Et même si je collabore intensément à la publication de son journal, les décisions lui reviennent quant aux sujets choisis et à l’espace donné. Pour une seconde fois, L’AMI atteint les 12 pages. Cela représente de nombreuses heures pour la rédaction de ses textes qu’elle tient à faire seule. Parfois à partir d’un brouillon manuscrit. Le plus souvent, directement sur le clavier.  

Je tremble un peu : Élika songe à recruter des journalistes.

Quant à ses entrevues enregistrées, nous faisons la transcription toutes les deux. On écoute. Puis, pour certains passages, elle choisit d’en faire un résumé. Pour d’autres, elle cite les propos enregistrés que je transcris pour elle, mes doigts étant, pour l’instant, plus rapides que les siens. Élika se prépare sérieusement avant de faire une entrevue. Je n’interviens aucunement dans ses questions… et elle me surprend agréablement.

L’AMI est un moment magique, un temps partagé de grande complicité. 

Par votre lecture et vos réactions vous encouragez cette belle expérience. 

Amis lecteurs, merci.


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Élika a reçu une belle lettre d'appréciation

Très chère Élika,

Je suis bouleversée par ton reportage touchant sur la SALR et à mon égard dans L'AMI de mars. Te rencontrer pour une entrevue fut fantastique et le résultat génial que tu as produit est au-delà de toutes mes attentes! MERCI au centuple d’avoir fait de moi “l’Amie du jour”! C’est un honneur dont je me souviendrai longtemps avec fierté! Merci également d’avoir consacré Doumou “mascotte” de ton journal d’exception, dans lequel tu es, pour nous tous qui le lisons avec intérêt, une RÉVÉLATION!

Tu es une écrivaine profonde qui analyse avec justesse les situations et tu pourrais déjà faire rougir d’envie bien des journalistes (pas ta Mamieke, évidemment, qui est une médaillée d’or dans le domaine!) Parlant d’elle, quelle chance tu as de pouvoir compter, dans ton équipe, une aussi merveilleuse et compétente “mentore”! Et en prime, une maman super photographe! Tu es choyée, belle  Élika, mais tu le mérites tellement!

Je te prends dans mes bras et t’embrasse bien fort!

XXXX (2 pour toi, un pour Mamieke et un pour ta maman)

Avec toute ma reconnaissance et les larmes aux yeux!

La marraine de Doumou, admiratrice sans borne de ton talent et de ton journal!

Hélène Gaudreault


vendredi 3 février 2017

J'AI VU LA BEAUTÉ DU MONDE




Ariel, né le 3 février 1983 à minuit moins trois.


Pour la 35e fois, le 3 février éveille en moi la certitude que rien au monde ne peut rivaliser avec l'amour que je te porte. 

Tu as 34 ans aujourd'hui mon fils. Mais, tout commence le jour premier de ta vie. Ce vendredi 3 février où tu es né à 23 h 57, mettant au monde la mère que tu as fait de moi. 

Et cette mère, enfant de mon âme et de mon cœur, n'a aspiré qu'à grandir avec toi. Tes yeux ont ouvert les miens. Tes mots m'ont apporté de nombreuses réponses. Ta gourmandise a amplifié les saveurs. Tes gestes ont ouvert mes bras aux autres. 

Aujourd'hui, alors que je pense à toi, je ne crains pas de dire que quoiqu'il arrive, quoiqu'il se passe, j'ai vu la beauté du monde. 

Heureux anniversaire Ariel.

dimanche 22 janvier 2017

ALEX NEVSKI, VEDETTE DU DERNIER NUMÉRO DU JOURNAL L'AMI

https://drive.google.com/file/d/0B7m_CGeg3I_-OWVxRzlWdlMwZGM/view?usp=sharing
Élika Laforge interviewe Alex Nevski   
©  Andrée-Anne Lachaine photographie

De plus en plus, Élika développe le réflexe journalistique. Elle n’est plus à la remorque de ce qu’elle vit comme enfant, mais s’ouvre davantage aux évènements dont elle est témoin et qu’elle croit intéressant de partager. 

C’est ainsi, qu’ayant reçu des billets pour le spectacle d’Alex Nevski, qu’elle connaît bien surtout depuis la Voix Junior, son réflexe a été d’y voir l’opportunité d’un bon reportage pour L’AMI. Sa maman photographe, Andrée-Anne Lachaine, a pressenti en même temps que sa fille que l’occasion se prêtait à une entrevue exceptionnelle.

Jusqu’à présent, Élika a vu bien des portes s’ouvrir devant elle, en allant voir des spectacle d’artistes de la région. La Société d’art lyrique du royaume, le Prisme culturel, Atchoum, Mordicus l’ont accueillie avec gentillesse. Mais en serait-il autant de la part d’une vedette où le sésame utilisée régionalement leur est inconnu? 

Débrouillarde comme pas une, la maman d’Élika a réussi à rejoindre le directeur de tournée d’Alex qui, malgré le très jeune âge de notre journaliste, a pris la demande avec sérieux et permis à une petite fille de 9 ans de vivre un moment inoubliable. 

Alex Nevski a touché le cœur de toute une famille.

Élika a préparé sa propre liste de questions. Ma seule intervention a été de les classer par thème. Ce qui a bien amusé Alex. 

C’est donc un numéro très spécial que cette première publication de 2017. La retranscription complète de l'entrevue a nécessité 8 pages. C’est ainsi que L’AMI du 20 janvier 2017 comptera exceptionnellement 12 pages.

Au nom du Journal L’AMI, je tiens à remercier toutes les personnes ayant permis à Élika de réaliser  cette entrevue.


Alex Nevski répond avec sérieux aux questions d'Élika Laforge 
©  Andrée-Anne Lachaine photographie

samedi 14 janvier 2017

JEAN-PAUL LAPOINTE : DÉJÀ 10 ANS, MAIS TOUJOURS PRÉSENT




La mémoire est l’antidote de la mort. Une personne continue de vivre tant qu’elle existe dans la pensée et dans le cœur de qui a pu l’aimer. Entre Jean-Paul et moi, c’est une amitié née dans les couleurs de sa palette. Palette lumineuse qui lui a valu bien des admirateurs. 

Il y a dix ans, le 14 janvier 2007, il franchissait la dernière marche. Son épouse Rina m’avait demandé d’écrire son avis de décès afin de dire autrement notre tristesse. J’écrivis alors : 

« Le peintre de la lumière a terminé la toile de sa vie. Désormais, il faudra lever les yeux vers le ciel pour le voir rivaliser avec les étoiles. À 6 h 00, le matin du 14 janvier 2007, le peintre Jean-Paul Lapointe est décédé au Centre de santé et de services sociaux de Chicoutimi, Pavillon Saint-Vallier, à l’âge de 71 ans.
 Né à Saint-Charles-de-Bourget, très tôt séduit par les couleurs, il a délaissé le milieu hospitalier et les longs trajets sur les routes du Québec pour planter son chevalet devant les plus beaux paysages. La magie de son pinceau n’aura pas seulement magnifié la lumière caractéristique de ses toiles car, très souvent, son art a été mis aux services de nombreuses causes caritatives. »


Photo Rocket Lavoie

En ce dixième anniversaire, permettez-moi de publier ici, ce reportage où mon ami Jean-Paul Lapointe a accepté d’ouvrir le jardin secret de sa douleur, mettant fin au silence insupportable qu’il s’imposait face à sa mort inéluctable et si proche. C’était en septembre 2006.  Cette entrevue demeure un des moments parmi les plus intenses et les plus émouvants de ma carrière. Ce que j’ignorais, c’est que dix ans plus tard, en remettant à jour ce texte, j’éprouverais une émotion aussi vive, la gorge nouée, comme si les mots de 2017 avaient le même écho puissant qu’en 2006 et 2007.  

Progrès-dimanche

Dimanche 17 septembre 2006

Après deux ans de lutte contre le cancer
L'ultime saison du peintre Jean-Paul Lapointe
 

Laforge, Christiane



Chicoutimi - Sur le chevalet, une toile en chantier... quelques maisons esquissées sous un ciel aux couleurs de nuit. Un bleu mauve, ensevelissant la lumière du jour, s'étire en larges traits d'une douceur si prenante que l'on dirait le bruit du silence.

- C'est tout ce qu'il me reste, déclare Jean-Paul Lapointe. Le silence.



Le cri capable d'arrêter la marche implacable du temps n'existe plus à la mort annoncée. Deux ans d'angoisse, de traitements douloureux, de patience, d'espoir. Deux ans d'une lutte acharnée contre le cancer. Il a perdu son combat. Le verdict médical est sans appel. Depuis le premier jour de septembre, le cœur de Jean-Paul sonne le glas. 


- Je ne verrai pas l'été 2007, confie-t-il. Je crois que je vais passer l'hiver, mais je n'irai pas plus loin.
 


L'état de choc



Alors que tout semble lui réussir, qu'il mène avec brio une carrière d'artiste de plus en plus internationale, que les amitiés, les honneurs et les projets lui sourient, Jean-Paul apprend que le cancer s'attaque à lui. 


Les statistiques pour ce type de cancer sont un an de survie.

- Sur le moment, je me suis senti en état de choc. Plus rien n'était pareil. Plus rien n'a jamais plus été pareil!
 


Pour ne pas donner prise à l'angoisse, il se réfugie dans la certitude qu'il peut combattre la maladie, la tenir en respect, obtenir un sursis. Il se soumet à tous les soins, radiologie, chimiothérapie, convaincu d'une rémission dont il saura profiter pour vivre encore plus intensément.



La fatigue, les effets secondaires des traitements, la perte de poids, rien ne lui fera admettre qu'il arrive au bout du voyage. Derrière le sourire et la détermination qu'il affiche, l'angoisse le ronge. Il s'isole à l'intérieur. Il ne parle pas de ce qu'il éprouve, ni de l'espoir, ni du doute, préférant donner le change. À tant vivre comme si tout allait bien, le bien triomphera peut-être, imagine-t-il.
 
- Au fond, confie Jean-Paul, il y a surtout la peur. On sait que le désir de vivre, lui, il est là, mais on n'a pas réussi à le faire mourir... pas réussi à le tuer, le mal.

La peinture aidait Jean-Paul à croire en l'impossible.




Le gouffre



Sporadiquement, la douleur revient sous une forme ou une autre. Fier d'aborder une troisième année, là où d'autres ne lui en donnaient qu'une, l'illusion était encore possible. Y croyait-il vraiment?
 

- J'y arrivais. La peinture m'y aidait.
 


Pour de nombreuses bonnes raisons, il y a deux semaines, la vérité lui a été dite, avec douceur, avec empathie, avec compréhension... ce qui n'enlève rien à sa cruauté.
- Je suis encore sous le choc.

 
Et tandis qu'il se tait, son regard plonge droit dans le regard de l'autre (le mien en l'occurrence), s'y accroche longuement comme s'il voulait montrer l'ampleur du gouffre qui l'aspire.
 


- J'aurais préféré ne pas le savoir, avoue-t-il. J'aurais voulu qu'on me laisse partir avant de vivre cela... Tu peux l'écrire. Je dis à tous que cela va, que c'est pas si pire. Je continue de peindre tous les jours, je vais encore faire quelques symposiums, L'Anse-Saint-Jean, Tadoussac, Baie Saint-Paul, la Rencontre des Arts à Saint-Jean de Richelieu et je participe à la Route des artistes de la Maestria. Ça m'aide à oublier. De brefs moments, cela me distrait. Mais les pensées reviennent; je pense qu'il va arriver un temps où je vais souffrir, que je vais avoir si mal qu'on va m'hospitaliser pour soulager mes souffrances. Et c'est tout ce que je voudrai alors, qu'on ne me laisse pas souffrir. Et je ne dis rien de tout cela. Je ne parle pas. C'est tout ce que j'ai maintenant, tout ce que j'ai... le silence.
 
 

Le temps de dire



Aujourd'hui, Jean-Paul Lapointe, artiste peintre reconnu, franchit ses dernières marches. Ce grand amoureux, dont la joie de vivre a jailli en lumière dans les milliers de paysages qu'il a peints au cours de ses 34 ans de carrière, vit l'ultime saison de son existence.

Photo Rocket Lavoie


Devant la mosaïque des photos souvenirs, images témoins d'heureux moments, fixées au mur de l'atelier, il se tait. Son passé danse sous le regard du visiteur, une sarabande joyeuse dans laquelle entrent des personnages connus, des amis, Tex Lecor, Vladimir Horick et Rina, sa femme, son amour.

- Tu sais ce qui fait le plus mal? C'est de penser à la peine qu'elle va avoir. Cela me terrifie de la laisser seule...

 Il sait de quoi il parle. Il a vécu un double deuil: sa petite fille de 7 ans et sa première épouse.


- De cela je ne parle pas. Mais je sais, je sais, fait-il, tout en levant la flûte du champagne versé pour trinquer à la vie. Je sais que l'enfer existe. L'enfer, c'est ça... C'est ce que je vis.
 

Et malgré lui, malgré tout le courage dont il fait preuve, la perspective de la mort domine. Obsédante, envahissante, anéantissant le moindre élan.

- Je n'ai plus de plaisir! Non, je ne connais plus le plaisir. La présence des amis, leur chaleur, être entouré, j'ai tout cela. Et ils ne doivent rien faire de plus, rien faire de moins…
 
Juste prendre le temps de dire « Je t'aime! »

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En complément à ce texte, plus personnelle, la lettre écrite à mon ami Jean-Paul Lapointe et publiée ICI.

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Progrès-dimanche

Dimanche 17 septembre 2006

Symposiums et Route de la Maestria

Fidèle au rendez-vous


Laforge, Christiane


Chicoutimi - En suivant la Route de La Maestria, laquelle depuis vendredi mène les pas des amateurs d'arts visuels dans le secret des ateliers des quinze artistes de cette association, on aboutit inévitablement sur la rue Comtois du secteur nord de Chicoutimi. La porte blanche s'ouvre sur le monde coloré du peintre Jean-Paul Lapointe. Quelques marches à descendre avant de découvrir, dans un ordre impeccable, les toiles les plus récentes de cet autodidacte qui a fait ses classes depuis longtemps.


Près du chevalet, des carnets de croquis révèlent quelques esquisses de paysages familiers. Les petits villages du fjord Saguenay, la région de Charlevoix, espaces, montagnes, forêts, routes de campagne et voies navigables, c'est tout un pays qui danse sous ses coups de crayon.


Le garçon de douze ans qui aimait flâner devant la vitrine d'une galerie d'art, rêvant de pouvoir un jour maîtriser les couleurs, a fait un long détour, via le milieu de la santé et la vente avant d'exposer ses premières toiles. C'était à l'Hôtel de Ville d'Arvida, sous les conseils et l'œil averti de Claire Frêve. Aujourd'hui, ses toiles se vendent dans plusieurs pays du monde, il a présidé tous les grands symposiums, son nom a été donné à des prix de reconnaissance, dont le Prix Jean-Paul Lapointe, remis à celui qui est considéré par ses pairs comme étant le plus rassembleur au Symposium de Danville à Victoriaville.
Exubérance et luminosité


Grand admirateur du Groupe des sept, l'artiste en devenir des années 1970 subit leur influence bénéfique que remarque Jacques de Roussan dans Jeux de lumière et de rêve, livre illustré, consacré à l'œuvre de Lapointe, publié en 1990. Dans la préface, Gilles Vigneault raconte l'impression ressentie lors de sa découverte des toiles de Jean-Paul Lapointe, exposées à la galerie Zanettin de Québec: « ... C'est frais, c'est neuf, et en même temps comme serein... C'est comme d'entendre jouer, par un violoneux raffiné, une vieille gigue que l'on connaissait par cœur et qu'on redécouvre d'une façon qui donne le goût de danser... »


D'exposition en exposition, le peintre affirme l'originalité de sa palette, fortement inspiré par tout ce qui le fait vibrer. Grand sportif, les toiles sont l'expression de sa vitalité et de ses multiples expériences dont la voile et le ski souvent intégrés dans les paysages des régions qu'il chérit : Charlevoix, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord. « Je réinvente les paysages. Ce que je vois, je le transforme. Près de la moitié de mes paysages sont imaginaires. »


Homme entier, grand pacifiste et rassembleur, tout ce qui gravite autour de lui prend source à ses propres passions. Président d'honneur de nombreux événements, il a assumé la direction de certains regroupements d'artistes. Son nom, associé à la plupart des symposiums tenus au Québec, l'est aussi à plusieurs Fondations caritatives (Rêve d'enfant, Maison Notre-Dame du Saguenay, Fondation de ma vie, Croix Rouge, Pali-Aide, Sclérose en plaque, leucan). Il a conçu et dirigé le Symposium international de peinture Challenge Saguenay et, participé à la fondation de La Maestria qu'il préside depuis l'an 2000. Cette association régionale multidisciplinaire, fondée en 1998, regroupe encore aujourd'hui quinze artistes professionnels: trois sculpteurs et douze peintres.

Sa carrière


Depuis 1973, Jean-Paul Lapointe a réalisé plus de 50 expositions en solo au Québec, en Ontario, en France, (Paris et Angoulême), en Suisse, en Belgique (Bruxelles) et au Mexique.


Membre de l'Institut des arts figuratifs, de nombreux prix et distinctions ont souligné la qualité de son travail.


Ses toiles ont illustré de nombreuses publications de prestige et figurent parmi des collections importantes dont celles de la compagnie Alcan, Bombardier, Lavallin, Loto Québec, Téléglobe Montréal, Musée du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Musée Maria-Chapdelaine à Péribonka, La Compagnie Enixum de Montréal.

Son nom figure dans le dictionnaire Larousse 2006, Drouot cotation des artistes modernes et contemporains.

Photo Rocket Lavoie

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jeudi 12 janvier 2017

DE PÈRE NOËL À CASSE-NOISETTE, L'AMI PRÔNE LA MAGIE

https://drive.google.com/file/d/0B7m_CGeg3I_-U25HRjY3WG9fSTg/view?usp=sharing 
L'ami Vol.2 No 5 publié le 31 décembre 2016 
maintenant disponible. Cliquez sur la page.


Avec un peu de retard, nous publions le dernier numéro du journal L'AMI qui célèbrera sa deuxième année de publication le 26 février prochain. L'enthousiasme d'une petite fille de 7 ans, lors du premier numéro ne s'est jamais démenti. Pour le prochain numéro, si tout se passe bien, Élika va frapper fort. Ce sera à découvrir bientôt.

Autre nouveauté, le journal L'AMI a maintenant sa page Facebook. Nous vous invitons à vous y abonner pour suivre le cheminement de cette jeune rédactrice en chef dont la persévérance nous réjouit.

Dans cette édition du 31 décembre, Élika défend la cause des petits-enfants qui, exprime-t-elle, ont besoin de magie.

L’AMI évolue

À la grande joie d’Élika, L’AMI a doublé de volume. C’est qu’elle tenait absolument a aborder deux sujets majeurs et temporels. Le spectacle Casse-Noisette qu’elle me réclamait depuis 2 ans. Et exprimer sa pensée concernant le Père Noël et tout ce qui s’y rattache. Bien sûr, Élika aime les cadeaux. En recevoir et en faire. Elle est une enfant qui a le sens de la fête. Oui, elle sait qu’il existe de la douleur, de la maladie, de la pauvreté, des enfants qui vivent dans des pays en guerre. Mais elle sait aussi que l’amour existe, l’entraide, le partage et le bonheur. Elle est la grande sœur d’une famille de 4 enfants. Et elle veille sur les plus jeunes afin qu’ils puissent, comme elle, apprendre que l’amour, le partage et le bonheur existent, ainsi que la magie de croire qu’il y a des fées, des lutins et un Père Noël, symboles d’un monde où on peut croire que la bonté et le désir de faire plaisir embellissent certains jours. Comme il lui était, à 9 ans, encore difficile d’écrire un exposé de ses pensées, nous avons opté pour une entrevue entre elle et moi. J’ai veillé à ce que mes questions ne soient pas tendancieuses.

Pour lire tout le contenu du journal, cliquez sur la page couverture de l'AMI.




 
 

mercredi 21 décembre 2016

DOMINIQUE LÉVESQUE EST MORT EN VIVANT... CE QU'IL VOULAIT.



© Radio-Canada / François Lemay | Dominique Lévesque

 Avec tant de tristesse, j'apprends ce soir la mort de Dominique Lévesque. Je l'ai connu à Jonquière, journaliste découvrant la fougue et la verve du futur Groupe Sanguin qui allait procréer des humoristes de grands talents. Que l'on pense à Dany Turcotte, Émile Gaudreault, Marie-Lise Pilote.

Dominique Lévesque est mort vivant, en pratiquant un de ses sports favoris au Honduras, la plongée en apnée. Ce n'est pas de l'humour. Ce n'est pas de l'ironie. C'est la vie. C'est sa vie.

Lors d'une entrevue mémorable, il m'a justement confié cette vie qui était la sienne et sa farouche volonté de ne pas mourir idiot. Préférant mourir que de se freiner. 

En mémoire de Dominique, je me permets de publier le reportage qui en a découlé, publié dans le cahier des arts du progrès-Dimanche.  On y retrouve toute sa sensibilité, son amour des mots et ce défi lancé à la vie : être aimé. Il a vaincu l'apparence pour démontrer la puissance du paraître.

Dominique, que cette modeste page puisse te dire, au-delà de tout, mon affection et mon admiration.


Entrevue réalisée pour le Progrès Dimanche  en 1999.

par Christiane Laforge

CHICOUTIMI (CL) - Blessé par les moqueries des autres enfants, timide et très seul, Dominique Lévesque a trouvé très jeune des alliés d'une fidélité indéfectible : les livres.  Sa curiosité insatiable, alimentée par un père qu'il aime infiniment, a fait de lui un boulimique du « connaître » et un adorateur des mots.

« Le pouvoir le plus fort c'est les mots.  Tu peux tuer, tu peux tout faire avec les mots.  Avec les mots, combien tu peux être assassin dans ta vie, dans ton couple, dans tes amitiés.  À ce sujet, Jean-Paul Sartre avait raison. » 

 L'humoriste, révélé par le Groupe Sanguin qu'il a créé à Jonquière avec plusieurs de ses élèves et réputé pour ses personnages enfantés pour Lévesque & Turcotte, carbure au travail.  Il a trouvé le secret des journées de trente-six heures. Le cerveau en ébullition, qui lui fait dire « J'ai des orgasmes avec les idées », il ouvre grand les bras pour saisir la planète.  

Il est rédacteur et concepteur pour plusieurs émissions de télévision (Les Mordus, gala de La Presse, bientôt gala Métro Star et plusieurs autres projets pour l'an 2000), metteur en scène, comédien (Virginie, Le Coeur au poing), homme de scène depuis quinze ans (Groupe Sanguin, Lévesque & Turcotte) applaudi par des centaines de milliers de spectateurs.  Il navigue sur Internet  autant qu'il peut (c'est-à-dire beaucoup) jusqu'au fond des forêts australiennes où il vient de découvrir l'existence d'une tribu préservée de la modernité, entre deux joutes de méli-mélo sur Infinite avec des concurrentes coriaces, tout en communiquant avec les nombreux visiteurs du site Lévesque & Turcotte dont plusieurs alimentent leur répertoire, tout en plongeant dans la lecture. Ouf! 

De passage pour deux représentations du spectacle Lévesque Turcotte arrivent en ville, il avoue : « Je n'ai apporté que cinq livres avec moi: La baignoire d'Archimède, Le loup est un loup, un livre sur les scientifiques à travers l'humanité, un autre sur les grandes tragédies humaines. » Après quoi court-il donc, lui qui avoue être incapable de s'arrêter, ne pas le vouloir non plus ?  « On me dit souvent, qu'à ce rythme-là, je me tue.  Peut-être, mais j'ai tellement peur de mourir idiot.  Je préfère mourir que de me freiner. »  Conclusion: il veut mourir vivant. 

On est loin du gars drôle, ironise-t-il, un peu agacé face aux gens qui attendent d'un humoriste qu'il soit un clown permanent.  Il n'est pas non plus le gars fatigué qui a tant fait rire les Québécois.  Dominique est davantage une boule d'énergie, dévorée par la curiosité autant que par le trac. 

Pour la curiosité, sa passion des livres, les immenses possibilités d'Internet ont de quoi le satisfaire.  Pour le trac, c'est une toute autre histoire.  Cela va jusqu'à le rendre malade et malheureux au point d'avoir annoncé que le spectacle Lévesque Turcotte arrivent en ville serait le dernier.

 « J'ai même fait une psychothérapie.  Cela vient de quelque part.  En fait, croit-il, le trac s'est installé avec la prise de conscience du succès, de l'amour du public et de la peur de le perdre. J'ai tellement besoin d'être aimé.  Je ne peut pas supporter qu'on ne m'aime pas.  C'est viscéral.  Ce que je vais chercher avec le public c'est l'amour.  Les applaudissements ça me dit que j'existe.  Le public, ça te permet d'avoir une valeur émotive. »

Et pourtant il voulait quitter la scène.  Une perspective remise en question.

« Ce qui m'arrive, c'est que j'ai remis toute ma vie en question.  Depuis trois mois je suis séparé de ma blonde.  Je n'ai rien vu venir.  On était ensemble depuis seize ans.  Cela me remet en question parce que j'ai besoin d'amour.  L'amour ça me permet d'exister.  Être aimé, pour moi, c'est ça qui me garde en vie. »

 Dominique Lévesque reconnaît avoir de la difficulté dans ses relations humaines.  Il est prudent et très sélectif parce qu'excessivement vulnérable.  Par contre, il veut s'investir pleinement dans sa relation avec ses deux enfants, Philippe, six ans, et Rosalie deux ans.  

« J 'avais décidé que je n'aurais jamais d'enfant.  Avec des enfants, ta vie change de tout au tout.  Maintenant je veux être pour eux le meilleur des pères. Quand je suis avec eux, rien d'autre n'existe.  Je me rends totalement disponible.  C'est mon père qui m'a appris combien la présence de l'adulte est importante.  J'ai tellement de souvenirs de mon père, de tout ce qu'il m'a appris.  Mon père, c'est le meilleur ami que j'ai eu au monde. »

 La personnalité de Dominique prend racine dans le meilleur et le pire de son enfance.  Le meilleur: une grande famille de huit enfants, une mère courageuse et solidaire des choix de son mari, un père passionné qui a quitté son emploi de débardeur, à 43 ans, pour aller à l'université décrocher un diplôme d'enseignant.

Le pire, un handicap physique, « J'avais les yeux croches » qui provoque les moqueries cruelles et le rejet.  « J'étais le seul de la famille qui n'avait pas d'ami.  J'étais complexé, très timide, très renfermé.  Je n'étais pas capable d'accepter ce que j'étais.  Je détestais l'école, j'étais dernier de classe.  Le seul copain que j'avais était aussi seul que moi parce qu'il était bègue.  À nous deux on était la Cours des Miracles.  La pire des choses, c'est quand j'ai appris que mes parents payaient des enfants pour qu'ils jouent avec moi.  Ils leur donnaient des bonbons pour que je sois moins seul. »

Cette souffrance lui a ouvert la porte des bibliothèques.  Son refuge et la source inépuisable de ce qui est devenu sa vie : les mots. 

 « Je suis un amoureux des mots.  Je me suis construit avec les mots.  L'humour, ce n'est pas vrai que c'est la facilité.  Le summum de la langue c'est la poésie et l'humour.  C'est ce qui est le plus difficile à maîtriser d'une langue étrangère.  C'est le dernier bastion à atteindre quand tu veux communiquer.  »

Dominique Lévesque et Dany Turcotte

Un trac maladif

 Dominique Lévesque, l'infatigable père du célèbre « gars fatigué » remet en question sa décision d'abandonner la scène.  Il voulait mettre fin au tandem Lévesque & Turcotte, malgré leur succès, pour deux raisons : le trac maladif qui s'empare de lui avant chaque représentation.  Les nombreuses autres occupations professionnelles qui suffisent amplement à sa sécurité financière.

 Il écrit pour la télévision et il est très sollicité.  Voilà deux fois qu'il refuse une offre d'Hollywood.  On lui demande de faire la scénarisation d'une bande dessinée.  « Je leur propose des scripteurs, je leur explique que je n'ai pas le temps.  Il s'agit de trois cents dessins animés de cinq minutes.  Cela fait deux fois que je dis non mais c'est moi qu'ils veulent.  Je dirais non une troisième fois.  C'est un travail d'une année à temps plein.  Je ne peux pas tout laisser pour ça.  Il y a beaucoup d'argent en jeu mais je ne pense pas que ça vaut la peine. »




Il préfère le projet d'écriture des éphémérides de La Presse pour Jacques Moisan; un autre pour un programme d'une heure sur l'écologie; sans oublier qu'il est le concepteur de l'émission télévisée Les Mordus avec André Robitaille.
De plus, il y a son association avec Dany Turcotte.  Quinze années partagées, d'abord comme membre du groupe Sanguin et, depuis huit ans, en duo  sous le nom de Lévesque & Turcotte.  Entre eux, c'est une grande amitié.  Si Dominique décidait, finalement, de renoncer à monter sur scène, cela ne mettra pas fin à leur collaboration.  « J'écrirai pour lui.  Je travaillerai avec lui. »

 Ce qui lui plaît en Dany, c'est son humour et sa manière de prendre la vie.  « Il est l'opposé de moi.  Lui, ça lui suffit Lévesque & Turcotte.  On est ensemble depuis si longtemps.  Quand on est en tournée, on est tout le temps ensemble, on fait tout ensemble.  On se connaît autant qu'un couple. »

Les affections de Dominique Lévesque sont puissantes et tenaces.  Comme son appartenance à sa région. Il est né à Bagotville.  Et malgré une enfance solitaire, il est possédé par sa terre natale.  Après l'université, son père a trouvé un poste d'enseignant à Thetford Mines.

« J'étais tellement malheureux de partir.  J'ai emporté un peu de sable de La Baie dans un petit contenant.  Je l'ai gardé longtemps.  Jusqu'à ce qu'il soit cassé. »

 Ce sentiment d'appartenance au Saguenay est un trait commun à de nombreux Bleuets, qu'ils soient d'origine ou d'adoption.  « Ce n'est pas de la nostalgie que l'on a.  On continue d'être habité par la région.  Chaque fois que je reviens, je la trouve plus belle.  Tu peux jamais t'en séparer.  Elle est toujours là, à l'intérieur.  Même après quinze années à l'étranger. »

 De son exil à Thetford Mines, il garde le souvenir de sa revanche.  « J'ai tellement passé de temps dans les bibliothèques, j'ai été tellement seul, que je suis devenu premier de classe. »  Tellement performant en études que son père l'avait convaincu d'entrer en médecine.  « Moi qui déteste tout contact avec la mort ou la maladie ».

Il a bifurqué vers la biochimie, « j'aime tout ce qui est scientifique ».  Finalement il a exploré la psychologie, « alors que je n'aime que les sciences exactes », l'animation culturelle et le théâtre.       « Je voulais devenir chansonnier. »

 Il s'est retrouvé professeur à Jonquière, adepte inconditionnel des ligues d'improvisation jusqu'à la création du groupe Sanguin.  Il a constaté, à ce moment, que lui, le rejeté, le solitaire, celui dont on se moquait, était devenu un rassembleur, un être autour de qui les autres gravitent.  « C'est ma vengeance.  Je m'étais juré qu'un jour je serais aimé. »

 À 46 ans, il se reconnaît très cartésien.  Obsédé par le besoin impérieux de connaître ce qu'il utilise.  « La meilleur façon de conjurer ton angoisse, c'est de connaître, d'avoir le contrôle.  Je n'aime pas ce qui n'est pas exact.  C'est noir ou c'est blanc. »





 Groupe Sanguin : Émile Gaudreault, Dany Turcotte, 
Bernard Vandal, Marie-Lise Pilote et Dominique Lévesque